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dimanche 16 avril 2017

La communication animale, mon expérience.

Connaissez-vous la communication intuitive? Ou la communication animale?

La communication intuitive c'est la possibilité d'échanger des informations avec un autre être vivant à l'aide d'images, de sensations, de ressentis voir d'odeurs ou de goûts. Tout cela sans la parole, un peu comme de la télépathie.

J'en ai entendu parler pour la première fois il y a quelques années lors d'un stage sur les soins énergétiques. Je cherchais à faire des massages aux chevaux, et je n'avais pas trop compris ce que sont les soins énergétiques. 
Durant ce stage, lors d'un débriefing, une fille a expliqué avoir utilisé la communication animale pour orienter le soin énergétique. J'étais assez perplexe avec les soins énergétiques, je l'ai été encore plus avec la communication animale.

Intriguée, j'ai rechercher des témoignages sur internet. Il existe des témoignages qui semblent indiquer que cette communication est possible. Cependant, je pensais (et pense encore un peu aujourd'hui) que quelqu'un avec du feeling et qui connait bien les chevaux, ou d'autres animaux, peut deviner beaucoup de choses en voyant les conditions de vie du cheval, son état général, et en discutant avec le propriétaire. Les questions que le propriétaire va poser, par exemple, peuvent révéler certaines choses.
Imaginons un propriétaire A qui demande pourquoi son cheval l'embarque et pourquoi son cheval ne veut pas être séparer de ses compagnons de pré. Si il s'agit d'un(e) propriétaire timide et peu sûr de lui (d'elle), on peut imaginer que le propriétaire manque de leadership.
Avec, un propriétaire B qui demanderait pourquoi son cheval a tout d'un coup changé de comportement, pourquoi il couche les oreilles au pansage/sanglage, on peut imaginer un problème physique (selle inadapté, ulcère à l'estomac, problème au dos...).
Ou encore, un propriétaire C qui se plaint que son cheval saute mal en concours, que son cheval cherche à le contrarier, pèse sur les rênes... on pourrait expliquer au propriétaire qu'il n'écoute pas assez son cheval, que celui-ci voudrait un peu moins de rigueur. Si l'humain n'a pas l'habitude de passer du temps avec le cheval, on pourrait lui conseiller de passer un peu plus de temps au sol, pour se faire apprécier de son cheval...
Si le praticien de communication animale a des bonnes connaissances équestres, il pourrait très bien aiguiller le propriétaire sans pour autant "parler" avec le cheval.
Je suis donc convaincue que quelqu'un d'observateur et psychologue pourrait parvenir à deviner beaucoup de chose rapidement.

Néanmoins, j'ai toujours été convaincue que la communication non-verbale et non gestuelle est présente partout. Je précise non gestuelle car il ne s'agit pas de langage gestuel. Ce sont des perceptions sensorielles, et pas des mouvements corporels.

J'ai commencé par me plonger dans la lecture du livre La connexion perdue, de Marta Williams.

"Voici l'expérience que je vous suggère de faire avec votre animal, ou celui d'un ami ou d'un voisin. Pendant deux semaines, croyez fermement que cet animal comprend absolument tout ce que vous lui dites à haute voix, et tout ce que vous pensez ou tout ce que vous ressentez envers lui. Je sais bien que cela peut exiger de vous un vrai changement d'attitude, mais essayez de le faire à titre d'expérience. Si vous estimez ensuite que ce que je vous propose ne marche pas, ou si cela ne vous plait pas, vous pourrez toujours revenir à votre fonctionnement habituel. A mon avis, si vous menez l'expérience jusqu'au bout, vous découvrirez que votre partenaire animal commence à avoir avec vous une relation tout à fait différente: vous avez des chances de trouver cette transformation fascinante."
Marta Williams, dans "La connexion perdue"

J'ai trouvé ça passionnant. Alors que je lisais et relisais ce livre, j'ai eu ce ressenti d'une conversation avec Vasco, comme si il me répondait. C'était surprenant, il répondait du tac au tac. Était-ce mon propre cerveau qui se parlait tout seul? Est-ce qu'il faut vraiment y croire? (N'espérez pas une réponse, je n'en ai pas).


A ce jour, je n'ai pas su réitérer de conversations. Soit parce qu'elles ne sont pas possible, soit parce que je ne parviens pas à atteindre l'état de méditation nécessaire pour "communiquer" avec son cheval de manière intuitive.
Mais cette expérience à renforcé ma curiosité et min intérêt.

Tout au long de son livre, Marta Williams explique qu'il faut y croire. Elle donne de nombreux témoignages de découragement, et nous encourage à persévérer et croire en soi.

J'ai donc décider d'y croire. Et, j'ai décidé de faire appel à quelqu'un qui pratique ce genre de communication.

Alors, qu'est-ce que j'ai demandé à la pratiquante?

J'ai pensé à des questions pratiques, est-ce qu'il a froid et voudrait une couverture, est-ce qu'il a mal quelque part? Et puis, j'ai décidé de faire un grand saut dans le vide. Plutôt que de demander ce que j'avais envie de savoir, j'ai voulu lui offrir la possibilité de s'exprimer.

J'ai choisi de demander à Vasco ce qu'il attendait de moi, et ce qu'il voulait que je fasse pour lui. Un grand pas en avant pour quelque qui est encore un septique face à la communication intuitive.

Je vous préviens, je n'ai rien d'extraordinaire à raconter. Je n'ai pas fait de découvertes spectaculaire, je n'ai pas découvert un nouveau cheval, ma relation n'a pas pris un tournant à 180°... Il est vrai que je connais déjà bien mon cheval, et que j'essaye de le laisser s'exprimer.

Tout d'abord, la personne m'a énormément répété que mon cheval m'aimait, qu'il voulait être avec moi et personne d'autre. Le truc, c'est que dans tout les témoignage de communication intuitive, le propriétaire s'entend dire que le cheval l'aime, qu'il l'a choisi... etc... Je ne doute absolument pas de l'amour que sont capable d'éprouver les chevaux. Mais je m'attendais tellement à ce qu'on me le dire, que j'ai trouvé ça un peu bateau. Ça commençait donc mal.

Après la personne m'a décrit mon cheval, et j'ai trouvé ça très crédible. Que ce soit par la communication ou autre, elle a très bien su cerner mon cheval. Un peu dans son monde, introverti, qui ne cherche pas forcément le contact des autres chevaux, proche de l'homme... Ça collait vraiment bien. Certes, j'ai discuté un peu avec de mon cheval, mais il n'empêche, elle l'a très très bien décrit.

Par contre, elle l'a quand même décrit comme un cheval difficile, et là je suis assez mitigée. A condition que le cavalier ne fasse pas d'erreurs, c'est un cheval parfait (à mes yeux).

Elle m'a dit que Vasco trouvait que je doutais de mes capacités, notamment mes capacités équestres.

Elle m'a également raconté certaines choses sur son passé. Notamment sur un accident qui serait arrivé et au cours duquel il aurait blessé involontairement un enfant. Egalement une anecdote comme quoi il a voulu se laisser mourir de faim parce qu'il ne voulait pas du destin qui lui était réservé à l'époque .À nouveau je suis mitigée. J'ai la chance de l'avoir connu avant d'être propriétaire, et de connaitre son histoire depuis le début, et malheureusement je n'arrive pas à faire coller ce qu'à dit la praticienne de communication animale et l'histoire de mon cheval.

Je reste donc sur un bilan en demi-teinte. Les anecdotes ne correspondent pas. Par contre, sur la personnalité de mon cheval, aucun doute, elle a bien compris qui il était.
Je ne regrette pas du tout l'expérience. Je n'exclus pas de refaire un jour appel à la communication animale. Par contre, je pense que ce qui ressort de la communication doit être pris avec des pincettes.

Pour terminer, un petit extrait du livre de Frédéric Pignon et Magali Delgado, Au Galop vers la Liberté. Ce sont deux personnalités dont j'apprécie énormément le travail, et dans un de leurs livre, ils abordent brièvement le sujet de la communication intuitive.

"On croise sans cesse des gens véritablement doués - et des charlatans. Il faut se montrer vigilent, mais même des rencontres comme celle que je décris ci-après sont riches d'enseignements.
On m'avait présenté une femme qui avait des pouvoirs "spéciaux" lui permettant de "lire" le niveau d'énergie des chevaux: elle voyait l'énergie comme une sorte d'aura plus ou moins colorés. Guizo n'allait pas bien du tout à ce moment-là; quand je le regardais, j'avais le sentiment de percevoir une silhouette au contours déchiquetés. J'ai emmené cette femme le voir, en espérant qu'elle pourrait peut-être faire quelque chose pour lui. Après un moment assez long, elle a déclaré: "Je vois que c'est un cheval formidablement content et heureux; il irradie le vert." Je l'ai ensuite conduite à Gracil, qui n'est pas un cheval facile. Elle se tenait derrière lui - il n'aime pas ça - et quand il a donné les signes d'agacement que je connais bien, elle a dit: "Regardez comme j'ai facilement établi le contact avec lui. Regardez comme il est bien!.
Restons ouverts à tout, mais gardons notre esprit critique."

"Une autre fois, une des jeunes filles qui travaillaient dans les écuries m'a annoncé qu'une femme souhaitait me voir. Elle disait avoir un message urgent de Templado - il était alors dans une clinique vétérinaire; il avait été tellement malade à la suite d'un problème rénal consécutif à une opération qu'il avait failli mourir. La jeune fille ne voulait donc pas qu'on m'embête avec ça, mais j'ai néanmoins rencontré cette personne.
Elle n'avait rien d'une "illuminée", elle-même se sentait assez perplexe: mais, sachant que nous étions plutôt ouverts, elle tenait simplement à nous confier son expérience, sachant que nous saurions peut-être quoi en faire. Son cheval était à la clinique, dans le box voisin de Templado. Quand elle était allée le voir, il lui avait "dit" que son voisin voulait rentrer à la maison pour pouvoir mourir chez lui.
Magali et moi étions un peu dubitatifs; Templado étant très malade, le bon sens nous incitait plutôt à croire qu'il était mieux entre les mains des vétérinaires. Pourtant, les propos de cette femme recoupaient une intuition que nous avions tous les deux. Après réflexion, nous avons ramené Templado à la maison: il s'est suffisamment remis pour repartir en tournée avec nous et même pour participer aux spectacles pendant encore deux années. (...)
Quand il a cessé de participer aux représentations, il nous a encore accompagnés un temps en tournée jusqu'à ce jour, à Barcelone, où il nous a fait comprendre qu'il ne voulait plus voyager. C'est aussi advenu d'une curieuse façon: en passant devant son box, un soir, Magali a clairement reçu le message qu'il voulait rentrer à la maison. Elle a hésité à me le dire, car elle savait à quel point j'aimais l'avoir avec nous en tournée. Finalement, elle m'en a parlé au petit déjeuner le lendemain - et je lui ai répondu que j'avais reçu le même message au même moment. (...) Les parents de Magali sont venus cherchez Templado le lendemain et l'ont ramené à la maison.
Nous allions le voir régulièrement et nous pouvions constater qu'il était heureux. Avant, il ne supportait pas qu'on parte dans lui et le manifestait vigoureusement. Là, il était paisible, visiblement heureux d'être "à la maison"."
Magali Delgado et Frédéric Pignon, Au galop vers la liberté

dimanche 5 février 2017

Suis-je cruelle avec mon cheval? Et si la vérité était multiple?

"La vérité a ses ennemis, l'erreur ses partisans". François Baucher

Quand on traîne un peu sur internet, on est confronté à beaucoup d'articles sur le bien-être des chevaux, sur leurs condition de détention (box, pâtures, stabulation...), la ferrure, ce qu'on leur met sur la tête ou autour du cou...

Beaucoup de cavaliers/cavalières se sont remis en question, et portent un regard très critique sur leur propre passé.
J'ai eu la chance de devenir propriétaire assez tardivement. Ce qui fait que j'avais déjà eu l'occasion de pas mal cogiter sur certains sujets. (Pas tous, mais il faut bien un début).

Face aux nombreuses réflexions sur les conditions de vie de nos chevaux domestiques, je me pose réellement la question. Est-ce que ce que je fais est correct? Est-ce que je suis une bonne propriétaire?

Il y a certaines choses que je n'ai pas peur d'affirmer fièrement. Mon cheval n'est pas ferré, il vit en paddock/prairie l'hivers, uniquement en prairie l'été. Je monte sans enrênement et sans éperons. Mon cheval et ses pieds-nu partent régulièrement en balade. Soit mon cheval a de très bons pieds, soit je prend bien soin de lui, mais quoi qu'il en soit ses pieds se portent très bien, merci!
Je monte en muserolle simple, et celle ci n'est pas serrée. Le choix de ma selle s'est fait encadrée par quelqu'un de compétent en la matière.

Et puis, il y a également ce que j'ai parfois peur d'exposer sur internet.
Je monte avec un mors. Et je ne vise pas de l'enlever un jour.
Je pratique régulièrement le dressage. J'ai une réelle envie de progresser dans cette discipline, et j'aimerai également initier mon cheval à l'obstacle, afin de pouvoir sauter quelques modestes petits parcours. Si j'en ai un jour l'occasion, j'aimerai participer à un petit concours complet.
Mon cheval est majoritairement nourri au foin/herbe, mais il reçoit également des granulés.

Est-ce que je me remet suffisamment en question?

J'ai lu un jour sur internet une cavalière qui monte sans mors écrire: "Je fais partie des gens qui ont une conscience". Ça m'interpelle, vu que je monte en mors. Et quoi, si je ne sais pas comme toi, je n'ai pas de conscience?
Le but de cet article n'est pas de répondre oui ou non. D'ailleurs je ne prend plus le temps de lire tout ces débats sur internet. Ce qui ne m'empêche pas de me poser beaucoup de questions.

Est-t-il normal que j’appréhende d'avouer que je monte avec un mors? Que je monte avec une muserolle et une cravache de dressage?

Même si je recherche une relation épanouie et heureuse, je me mentirais à moi-même si je n'admettais pas rechercher également mon plaisir et mon épanouissement dans la pratique de l'équitation. Mon plaisir personnel n'est pas la priorité. Je pense (ou j'essaye de penser) en premier lieu à mon cheval. Mais je suis entièrement consciente que le must pour mon cheval, ce serait une vie avec des copains, de l'herbe, du foin, et la paix totale.
Je pense qu'une relation équilibrée apporte quelque chose au cheval, tout comme un travail juste lui permet de s'épanouir physiquement. Néanmoins, il ne m'a rien demandé, et je lui impose ce travail, tout en sachant que mon équitation a encore une bonne marge de progression.

Stand à Aix-la-Chapelle, 2012

A l'inverse, est-t-il normal que je sois fière d'avoir un cheval non ferré? Je le fais par conviction, mais est-ce que je dois me fermer complètement, rester dans mon idée et ne même jamais vouloir admettre que quelqu'un d'autre pourrait détenir la vérité? Est-ce que je dois regarder avec dédain et ennui ceux qui font différemment de moi?


Vous avez peut-être déjà vu cette photo? Y a-t-il une seule vérité? Est-ce que si j'ai raison, l'autre à tort? Et qu'est-ce qui me prouve que j'ai raison? Ne devrai-je pas accueillir les points de vue divergents de ceux qui m'entour comme des richesses? (Et je fais comment pour dormir avec toutes ces questions?)


Pour reprendre le sujet de la ferrure, je pense que vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il ne s'agit pas juste d'enlever les fers du cheval. Le pied-nu est complexe, et demande un certain suivi de la part du propriétaire.
Dans mon cas, je n'ai pas pu trouver de pareur/podologue, et je fais donc appel à un maréchal-ferrant. J'en suis satisfaite, et il est compétent. Néanmoins quand je fais des recherche sur internet, je me rend bien compte qu'une personne plus qualifiée pourrait considérablement améliorer le bien-être de mon cheval. Je suis un peu déçue de n'avoir personne (pour le moment).
Bien sûr, je pourrai me former moi-même, mais pour l'instant, je ne le souhaite pas. Je n'ai pas envie de me lancer dans quelque chose à moitié. Si je décide de me former au parage, je veux m'investir totalement. Or il y a tellement de chose que j'ai envie d'approfondir que je ne veux pas courir après trop d'objectifs. Je pense que c'est mon droit.
Donc je pourrai être accusée d'incompétence. Un cheval non-ferré, paré par un maréchal-ferrant non-formé au pied-nu! Quelle erreur de ma part !

Un peu comme ce que j'avais écris dans mon article: Le perfectionnisme qui nous empêche de progresser, je me retrouve parfois complètement noyée par mon envie de faire mieux, de viser l'excellence, de ne pas faire d'erreurs...

Je crois que je m'occupe au mieux de mon cheval. Souvent, je n'en suis pas si sûre. J'ai tellement de questions ! A l'époque d'internet, nous sommes noyés d'information, il est parfois dur de ne pas s'y noyer !

Quand je suis confrontée à des cavaliers débutants, je suis bien contente de ne pas être à leur place! Quand des hommes et des femmes de chevaux, depuis 40 ans dans le métiers, te disent en apprendre tout les jours, si tu es adulte et que tu viens de débuter il y a 3 mois, mesures un peu le chemin qu'il te reste à parcourir!!!
Si tu traînes un peu sur internet, tu liras partout qu'il faut une bonne assiette pour ne pas gêner le cheval... Et après 3 mois, tu t'es surement rendu compte qu'il faudra du temps avant d'avoir une bonne assiette, et que d'ici là tu vas gêner ton cheval. Et après, si tu traînes sur les réseaux sociaux, tu liras différents commentaires sur "les débutants qui tirent dans la bouche du cheval", "les débutants qui n'y connaissent rien"... Et oui, ça donne envie de se mettre à notre sport!

Je suis tellement contente d'avoir mis le pied à l'étrier à une époque où internet était nettement mois accessible. Autant le net est un formidable moyen de s'épanouir, d'apprendre des nouvelles choses... Autant il peut y avoir des opinions tranchées, qui encore aujourd'hui me font douter...

Le doute semble être inévitable sur le chemin d'un cavalier. J'essaye tant bien que mal de le rendre constructif. Je sais que je ne suis pas la seule à douter, à culpabiliser, à réfléchir sur ma relation avec mon cheval...

Avez-vous également des doutes? Comment savez-vous si vous êtes dans le juste? Dites-moi tout!

lundi 9 janvier 2017

Les cavaliers sont des gens bien !

Parce qu'avec ses nombreux débats sur la ferrure, la vie au box, les enrênements, etc... on pourrait croire que la majorité des cavaliers sont des irresponsables sans conscience. Je vous montre que non, la cavaliers sont des gens bien !

Sandra et sa jument naviculaire:
Elle a acquit cette jument vers 5 ans, seulement voilà, 3 ans après, la jument en a 8 et est déclarée naviculaire. Sandra, la propriétaire, cesse donc définitivement de la monter. La vendre n'est pas envisageable, la jument terminerait immédiatement à la boucherie. Sandra continue donc, avec amour, de s'occuper de sa jument tout les jours, la nourrir, lui apporter ses carottes, ramasser les crottins, et s'assurer qu'elle ait tous les soins nécessaire. La jument ne peut plus être montée, ni en piste, ni en ballade, même la longe ou le travail à pied sont proscrit. Sandra est cavalière depuis toujours, mais avec les frais de sa jument (car même un cheval non monté représente un certain budget) elle a définitivement rangé ses bottes. Un autre cheval ou même des cours ne sont pas financièrement possible.

Kelly et la première ponette qu'elle a monté:
Lorsque Kelly a acheté son cheval, elle montait encore en club et était très attaché à la première ponette qu'elle avait monté. En partant s'installer dans d'autres écuries, elle avait promis à la monitrice qu'elle était prête à acceuillir cette ponette lorsqu'elle serait trop vieille pour assurer les cours avec les enfants. Quelques année plus tard, la vieille ponette est montée dans un van pour rejoindre une grande prairie, pas très loin du box du cheval de Kelly. Malgré sa vie bien remplie, Kelly trouve toujours le temps d'apporter une petite pomme et de consacrer un peu de temps à cette courageuse ponette.

Un groupe de cavalier parmi tant d'autre, avec qui j'ai monté le lundi soir:
Quand je suis arrivée dans ce cours collectif, j'ai été scotchée. Ici, total mélange de cavalier confirmé et peu expérimentés. Chacun a son niveau, et tous se tirent les uns les autres. Une ambiance que malheureusement, on ne croise pas partout.
Après chaque cours, petit debrief entre cavaliers. Les plus expérimenté donnent quelques conseils aux cavaliers plus débutant, et surtout des encouragements! Ici on entend des "Tu as vraiment bien monté aujourd'hui", ou des "Il n'est pas facile au galop à droite, mais après quelques départs, c'était vraiment beau à regarder". De quoi se sentir heureux de retrouver un si chouette groupe!

Marie et une shetland abandonnée:
Des chevaux ou poneys en prairie, vermifugé, soigné, parés, nourri correctement... Normalement ils auraient du être tous en bonne santé, mais ici Marie avait repéré dans un groupe une shetland en moins bon état. Avec l'accord du propriétaire, elle s'en est occupée. C'est elle qui a fait appel à plusieurs spécialistes et a payé les frais supplémentaire. Ils étaient nécessaire. La ponette souffrait de dermite, de fourbure, de gale de boue. La convalescence a été longue, la ponette a même déclanché une septicémie qui aurait pu se terminer très mal.
La ponette n'était pas du tout abandonnée par son propriétaire, seulement elle avait besoin de beaucoup plus de soins et d'attention que les autres chevaux. Marie l'a finalement adoptée et changé de groupe de chevaux. Elle nécessite beaucoup plus d'attention que les autres chevaux, mais Marie semble aujourd'hui avoir trouvé la juste mesure, car la shetland est en pleine forme, et rend bien l'amour qu'on lui a donné !

La famille H. et le poney de 37 ans:
C'est un poney que la maman a commencé à monter quand il avait 4-5 ans. Elle était alors très jeune. Elle a grandi, le poney a vieilli, et par la suite elle a fondée une famille. Aujourd'hui, le poney est à la retraite, mais il fait partie de la famille. Jusqu'à 30, il lui arrivait encore de partir en balade avec la maman, ou même de passer des barres au sol avec sa fille. Petit à petit, les rares balades ont complètement cessé, mais le vieux poney continue de faire complètement partie de la famille.

Comme quoi, chez les cavaliers et amoureux des chevaux il y a tellement de belles histoires !

mardi 20 septembre 2016

Achat et mensonge

Il n'est pas rare de voir un cavalier en galère totale avec son nouveau cheval rejeter la faute sur l'ancien propriétaire.

De fait, malheureusement de nombreux vendeurs trompent le futur acheteur sur le cheval. Problèmes de santé cachés, mensonge sur l'âge, les papiers ou le passé du cheval.
J'ai connu un vendeur qui justifiait la défense d'un cheval (demi-tour et départ au galop) par un mensonge (il a appris les pirouettes). Je pourrais encore citer de nombreux exemples, mais mon but n'est pas d'écrire un article sur la malhonnêteté des gens.



Parlons plutôt du nouveau propriétaire, qui vient de réaliser son rêve. C'était mon cas, me lancer dans l'aventure d'être propriétaire, c'était mon rêve d'enfant. Pourtant, rapidement, j'ai bien compris que si moi j'avais réalisé mon plus grand rêve, mon cheval, lui, serait surement bien resté chez ses anciens propriétaires!

Je m'estime plutôt chanceuse, je n'ai pas eu d'accident, quasi aucune chute ou blessure, et un cheval plutôt de bon caractère. Pourtant, j'ai été blessée en moi-même. Mon égo, ma confiance en moi en ont pris un sacré coup. J'ai du admettre cette réalité, tellement différente de ce que j'avais imaginé. J'ai du accepter que c'était beaucoup plus difficile que ce que j'avais prévu.
Pourtant, j'avais pas mal d'expérience derrière moi. J'avais monté des poneys, des chevaux d'obstacles, des étalons de dressage, des jeunes, des vieux, de toutes races... Mon curriculum comporte aussi un peu d'équitation western et le re-débourrage d'un trotteur.

J'ai cru que cette expérience était solide. Je savais parfaitement bien que ce ne serait pas facile. Je savais que j'aurai à me remettre en question, à accepter de devoir continuellement apprendre, à rencontrer des moments de doute... J'ai une bonne prof, des bons professionnels autour de moi. J'ai cru que je pourrai dépasser ces moments de découragement.

De nombreux chevaux montrent un comportement différent selon le cavalier qui le monte. Ainsi, n'est-il pas attendu que le cheval qui change de propriétaire puisse changer de comportement? Lors de l'essai, le cheval était dans un lieu connu, et l'essai est souvent trop court que pour réellement tisser une relation.
On essaye donc un cheval, encadré par le vendeur, et tout se passe relativement bien. Ensuite changement de décors, on se retrouve seul à seul avec SON cheval. Magie magie... On apprend à le connaitre, et lui apprend à nous connaitre. Il apprend à nous apprécier, mais également à trouver nos erreurs, nos failles, notre manque d'expérience... C'est là que peuvent apparaître les problèmes.

Je ne dis pas que ça arrive à tout les propriétaires, mais je sais que ça arrive à certains, et c'est mon cas. On m'a beaucoup conseillé de me retourner contre le vendeur. Pourquoi?
Parce qu'il m'a vendu un excellent cheval bourré de qualité et que j'ai des difficultés, du à une mauvaise position à cheval, un manque de connaissance, un manque de technique? Parce que ce cheval est intelligent et que moi je fais trop d'erreurs?

Je pense honnêtement que mon cheval sera bien vieux le jour où j'aurai résolu mes problèmes d'assiette, mes problèmes de mains qui bouge, mes lacunes techniques, mes problèmes de la vie de tout les jours qui parasitent ma vie... Ce n'est pas grave. J'ai conscience de certains problèmes. J'y travaille. Je découvrirai ensuite d'autres lacunes... 

A ceux et celles à qui on conseille de se retourner contre le vendeur. Réfléchissez bien. Vous a-t-on réellement menti sur le cheval? Ou bien êtes-vous déçu parce que vous avez essayez un cheval avec qui tout se passait bien, et que le cheval révèle finalement qu'il a l'intention d'exiger beaucoup d'effort de votre part?

Je vous souhaite beaucoup de remise en question (constructives) avec vos chevaux. Et bien sûr, je suis tout à fait consciente que parfois, il vaut mieux se séparer d'un cheval avec lequel ça ne fonctionne pas. Parfois, la séparation est le mieux à faire, tant pour l'humain que pour le cavalier ;-)
Et vous, bonne ou mauvaise expérience d'achat? Avez-vous fait confiance au vendeur? Votre cheval est-t-il resté le même que lors de l'achat?

mercredi 24 août 2016

Respect?

Peut-être avez-vous déjà lu ce texte plein de bon sens et de vérité?

Un vieux cow boy observe un jeune qui travaille un cheval dans un enclos, mors... éperons... fouet... cris... rien n'y fait...
Le vieux cow boy demande alors au jeune s'il souhaite connaître son secret d'équitation pour dresser un cheval...
Le jeune répond : "Oui bien sûr" !

Le vieux cow boy lui dit alors :
"Si vous pouvez ouvrir mon poing...vous découvrirez le secret d'une bonne équitation"...

Le jeune homme tire alors sur le poing... pousse, pince, frappe, mord, utilise les aides qu'il trouve en vain... Il ne parvient pas à ouvrir le poing du vieux cow boy !

Il abandonne et dit : "Je ne comprends pas, je ne peux pas ouvrir votre poing alors je ne saurai donc jamais le secret d'une bonne équitation ?!"

Et le vieux cow boy de lui répondre : " Il suffisait de demander"....


Demander, et non pas exiger

Lorsqu'on les observe, on se rend bien compte que les chevaux sont d'une grande générosité. Ce sont des êtres calmes. La violence est rare chez eux. Quel absurdité que de penser que le cheval passe son temps à nous préparer "un sale coup", qu'il pense à comment "nous faire chier"... Comme si c'était dans sa nature !

Pour le cavalier qui s'en rend compte, il devient tout à fait naturel de demander, au lieu d'exiger. Le cavalier apprend alors à être patient, à attendre son cheval, à proposer pour laisser le cheval disposer...
Ce cavalier sera alors très perplexe face à ceux qui utilise enrênements et autres moyens pour obtenir une bonne réponse...

Je voudrais néanmoins ajouter un bémol à ce tableau idyllique.

Pour obtenir cette relation épanouie, où le cavalier ne fais que demander, laissant son cheval libre de dire non, il faut tout d'abord obtenir le respect du cheval.

Il me semble évident qu'un cavalier avec les meilleurs intentions du monde, qui cherche à collaborer pleinement avec son partenaire équin, rencontrera des difficultés si il n'impose pas des limites à son cheval.
Un cheval qui bouscule, mordille, attrape les vêtements n'arrêtera de le faire que si on lui explique qu'il n'a pas le droit.
Pour certains cavaliers, la question ne se posera pas. Grace à leur feeling, leur expérience ou leur bon sens, il mettront directement en place une relation saine. Dès les premiers pas, il imposeront des limites à leur cheval et auront une monture respectueuse. J'ai rencontré des cavaliers qui ne se rendent même pas compte qu'ils ont les bons gestes. C'est comme inné chez eux.
D'autres cavaliers, dont je fait partie, auront besoin d'être bousculés plusieurs fois pour réaliser l’irrespect de leur cheval. Dans mon cas, la prise de conscience a été suivie de longs mois pour "rectifier" le tir.

Je me rappelle avoir été bousculée par mon cheval contre un mur. J'avais alors élevé la voix, et repoussé l'agresseur avec un doigt contre mon épaule. Certains m'avaient alors regardé de travers. Pourtant, pouvais-je vraiment laisser un animal de 600 kg me bousculer sans réagir?

Pas sûre que se faire foncer dessus soit un plus pour la relation.

Après avoir démontré l'importance d'imposer le respect: ces petits signes qui montrent qu'il ne nous respecte pas.
  • Il nous bouscule.
  • Il ne fais pas attention à nous, et manque plus d'une fois de nous écraser les orteils.
  • Il se gratte sur nous (non, il ne vient pas nous faire un câlin. Ça le chatouille, et il a autant de respect pour nous que pour la clôture de son paddock).
  • En main, il nous arrache la longue pour aller grignoter un brin d'herbe. Parfois même, le nez dans l'herbe il nous est impossible de continuer notre promenade.
  • Au travail (monté ou à pied) il est vite distrait.
  • Au travail, il s'effraye pour un rien.
  • ...
Et la liste pourrait certainement s'allonger :-)
Et pour ceux qui ne seraient pas convaincu, je remarque que plus j'ai de l'autorité et du respect sur mon cheval, au moins celui-ci s'effraye... Magique !