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lundi 19 août 2019

Éducation au mors

Bonjour,

Aujourd'hui, nous allons parler du mors. Promis, il ne s'agira pas d'un énième post pour savoir si il faut ou non monter avec un mors. Il s'agit ici de parler de l'éducation au mors.
L'éducation au mors, qu'est-ce que c'est? C'est apprendre les codes du mors à son cheval, un débourrage au mors en quelque sorte. C'est lui apprendre ce qu'on veut qu'il donne comme réponse aux actions de mains du cavalier.

Les mains = une aide

Quelle que soit notre discipline, nous allons tous, lors des séances ou dans la vie quotidienne, mettre en place des codes pour lesquels nous attendons une réponse.
Action du cavalier (=code) → Réponse du cheval.
Exemple:
Je met de la tension sur ma longe, j'aimerai que mon cheval cède à cette pression et face un pas vers la longe.
J'ouvre ma rêne droite, et j'aimerai que mon cheval tourne sa tête vers la gauche.
Je siffle, et j'aimerai que mon cheval vienne vers moi.

Toutes ces actions ne sont rien d'autres que des codes. Et ils ne sont pas forcément universels. D'un cavalier à l'autre, selon l'enseignant, l'écurie, le pays, les codes peuvent varier. Tout le monde n'utilise pas les aides de la même façon.

Dans mon cas, j'ai d'abord demandé comme réponse de ralentir, ensuite j'ai demandé des cessions de mâchoire, puis une prise de contact.
Aujourd'hui les choses commencent à être un peu plus claires dans ma tête. Ainsi je demande à mon cheval de toujours maintenir un contact sur mes rênes. Ainsi, si je raccourcis mes rênes, j'attend comme réponse que mon cheval se rassemble et relève son encolure. Par contre si je rallonge mes rênes, j'attend que mon cheval maintienne le contact, et donc qu'il avance son nez vers le mors. Il doit donc toujours suivre son mors.
En ce qui concerne l'intensité du contact, j'ai également du chercher et je n'ai pas toujours eu le même contact qu'aujourd'hui. Là encore, il n'y a pas de réponse universelle, chaque cavalier va choisir la réponse qu'il attend de son cheval.



Donc pour monter son cheval en mors, il faut bien sûr qu'il puisque accepter le mors dans sa bouche, mais il faut également qu'il puisse comprendre comment il doit y répondre! Et c'est là que le bât blesse, puisque je constate que de très nombreux chevaux ne savent pas comment y répondre, ce qui engendre des défenses, type secouer la tête, s'encapuchonner, lever très haut la tête...

Dans la tête du cavalier

Reprenons le shéma suivant:
Action du cavalier (=code) → Réponse du cheval.

Avant de pouvoir démarrer l'apprentissage, il faut que le cavalier sache exactement ce qu'il attend. Si je met un inconfort sur mon cheval, sans avoir une idée précise de ce que je souhaiterai comme réponse, je risque de ne pas être très claire pour mon cheval.

Savez-vous exactement la réponse que vous attendez lorsque vous agissez sur la bouche du cheval? Qu'il ralentisse, ou qu'il se rassemble, ou qu'il détende sa mâchoire?? Avez-vous des actions de main différentes en fonction de la réponse attendue?

Dans mon parcours équestre, j'ai d'abord appris que résister sur les rênes permettait de ralentir. Par la suite, je me suis retrouvée sur des poneys ayant un niveau de dressage plus ou moins avancé, avec une monitrice qui me demandait de reporter du poids sur l'arrière-main et de rassembler. Sans explications aux préalable, cela relevait de l’exploit. Je faisais franchement n'importe quoi avec mes mains en attendant un miracle. Aujourd'hui encore, je me demande comment ces poneys qui changeaient de cavaliers chaque jour pouvaient y comprendre quelque chose...

Je ne suis probablement pas un cas isolé, et je pense que d'autres que moi ont appris sans avoir une idée très claire de quoi faire avec ses mains, et pourquoi. D'où l'idée de prendre quelques minutes pour réfléchir. Qu'est-ce que je met comme inconfort, et qu'est-ce que j'attend comme réponse.

Finalement, éduquer son cheval au mors, c'est comme l'éduquer au sans mors. Personne ne partirait en extérieur en side pull avec un cheval qui n'a jamais été monté sans-mors. Tout les cavaliers sains d'esprit prennent le temps de commencer à apprendre au cheval à répondre aux pressions à pied, puis en piste avant de s'aventurer en extérieur.
Cela vous semble logique? Alors pourquoi ne pas faire ce même travail avec le mors?

Il y a un an, j'étais en piste avec une autre cavalière. Dès que celle-ci tendait ses rênes (=inconfort) le cheval relevait la tête. Du coup, la cavalière n'osait plus prendre de contact (=confort). Elle avait donc appris, involontairement, à son cheval de relever la tête dès qu'elle prenait le contact. Si elle tentait de maintenir le contact, le cheval continuait de lever la tête, et même donnait des grands coup de tête vers le haut parce qu'il avait appris que la réponse au mors était vers le haut.

En fonction des objectifs de la cavalière, il sera possible d'apprendre au cheval que contact = confort, et relever la tête = inconfort.

Enlever le mors peut être une solution, mais à mes yeux le problème n'est pas la présence du mors, mais l'apprentissage qui y est lié. Le cheval a appris la mauvaise réponse, il faut donc lui réapprendre la réponse souhaité.

Voilà, j'espère avoir pu vous faire un peu réfléchir à ce sujet. Les deux questions à se poser sont:

  • Est-ce que je sais précisément ce que j'attend comme réponse?
  • Est-ce que mon cheval comprend et connait la réponse qu'il doit donner?

Si vous pouvez répondre oui à ces deux questions, il est très probable que les choses soient claires entre vous et votre cheval. Si ce n'est pas le cas, et bien, au travail!

dimanche 2 octobre 2016

Le vocabulaire de l'apprentissage

Les chevaux ont des facultés d'apprentissage énorme, et sont capable d'apprendre toute leur vie. Beaucoup de problèmes de comportements sont en faits du à un conditionnement incorrect. Une bonne compréhension de l'apprentissage chez le cheval permet de mieux comprendre et cohabiter avec le cheval.

Qu'est-ce donc que le conditionnement?

Définition de Marthe Kiley-Worthington:
"Le conditionnement est le processus à travers lequel un stimulus déclanche une réponse qui, à l'origine, ne lui était pas associée. Ce qui tient en un mot: apprentissage."

C'est donc un apprentissage associatif. Une demande (le stimulus) engendre une action (réponse).

Un réflexe inné peut devenir un conditionnement.
Je reprend ici un exemple proposé par Marthe Kiley-Worthington. Lorsqu'on soumet un œil à une forte puissance lumineuse, l’œil cligne. Ce n'est pas un conditionnement, il n'y a pas d'apprentissage. C'est un réflexe inné!
Par contre, si l'on associe la lumière à un son (par exemple, une cloche), l'animal va cligner des yeux. Le son devient alors un stimulus. Il y a eu un apprentissage, et la réponse au stimulus est conditionnée.



On distingue deux type de conditionnement. Le conditionnement pavlovien et le conditionnement opérant.

Le conditionnement pavlovien

Je suppose que vous connaissez tous l'expérience du chien de Pavlov ;-)
Le cheval (ou n'importe quel être vivant) réagit à un stimulus lié à un besoin de l'organisme (manger, boire, ne pas souffrir...).

Donc un animal qui a associé le vétérinaire à de la souffrance, risque de réagir quand il le reverra à nouveau. La vue du vétérinaire est le stimulus, la réaction de peur et de défense est la réponse.
Pareil pour un cheval qui s'excite quand il apporte le foin. Le soigneur manipulant le foin est le stimulus, l'agitation du cheval devant la barrière de la prairie est la réponse.


Le conditionnement opérant

Ici, l'association est faite entre une demande du cavalier et une réponse du cheval. Ici le stimulus n'est pas lié à la faim, la soif ou une besoin du cheval. Le stimulus est une demande du cavalier.

Les aides utilisées dans le travail du cheval sont du conditionnement opérant. 
Suite à un apprentissage, le cheval réagit à une demande par une action. Par exemple: les jambes agissent, le cheval se porte en avant. Vous exercez une pression sur le licol, le cheval cède à la pression. Même en travail en liberté, un geste peut conditionner une réponse. Lorsque vous demandez le pied pour le curer, c'est un apprentissage, c'est donc du conditionnement.



Le renforcement

La définition du renforcement par Christelle Perrin: "procédé qui augmente la probabilité de répétition d'un comportement" (Nouveaux secrets sur la relation homme/cheval).

L'action de renforcement permet de motiver le cheval à répondre. Elle peut être diverse. Un encouragement, une caresse, l'arrêt de quelque chose de désagréable...

Le renforcement peut être un ajout ou une soustraction. L'ajout sera du renforcement positif, la soustraction du renforcement négatif.


Renforcement positif

"Dès que le comportement souhaité est obtenu, on ajoute (d'où le terme positif) quelque chose que le cheval aime (des carottes, par exemple!). (...)
Dans cette ambiance, le cheval agit pour gagner quelque chose (...)." Christelle Perrin, (Nouveaux secrets sur la relation homme/cheval).
Outre la carotte, on peut caresser/gratter le cheval, le féliciter, lui proposer quelque chose qu'il aime (se rouler, partir en promenade)...

A noter que si la méthode du clicker training est basée sur le renforcement positif, l'association entre le son et la récompense alimentaire est du conditionnement pavlovien! C'est la même chose que l’œil qui cligne au son d'un cloche comme dans l'exemple plus haut!


Renforcement négatif

"Dès que le comportement souhaité est obttenu, on enlève (d'où le terme négatif) quelque chose que le cheval n'aime pas (l'utilisation du stick, par exemple)." Christelle Perrin, (Nouveaux secrets sur la relation homme/cheval).

"Notez que les termes "positifs" et "négatifs", employés pour désigner des renforcements, ne sont pas des valeurs de jugement, comme "bon" ou "mauvais", mais des descriptions arithmétiques d'un comportement renforcé soit en ajoutant quelque chose, soit en retirant quelque chose, par exemple une pression. Dans le cas où un cheval répond à un signal pour tourner et que la pression de la rêne est immédiatement relâchée, c'est du renforcement négatif qui a été appliqué." Hélène Roche (Motiver son cheval).

Donc par exemple, céder avec la main, arrêter une pression de la jambe ou de la main, c'est enlever quelque chose, donc c'est du renforcement négatif.

J'aime beaucoup terminer ma séance sur un exercice, puis lorsque j'ai eu un mouvement dans le bon sens, je termine la séance. Le fait de cesser la séance de travail est une soustraction, c'est donc un renforcement négatif. Mon cheval y est habitué. Parfois je demande un départ au galop, et dès la première foulée je jette les rênes sur l'encolure et je déchasse mes étrier. Mon cheval connait le signal, il s'immobilise immédiatement pour me laisser sauter à terre. Pour qu'il sache qu'il a bien agit, il faut qu'il y ait au maximum 1 à 2 secondes entre la réponse (départ au galop) et le moment où je suis au sol. Avec un peu d'entraînement, on saute à terre très rapidement !

Attention, le cheval apprend très vite. Inconsciemment, on renforce des comportements souhaitée, ou non souhaités! Si à chaque saut de mouton le cavalier abandonne l'exercice qu'il exécutait pour un exercice plus facile, le cheval risque d'apprendre à faire des saut de moutons pour trouver du confort.
Il vaut mieux aller progressivement dans la difficulté, pour demander au cheval quelque chose qu'il est capable de réussir.

NB: Cet article a été assez long à rédiger. Il se peut qu'il comporte des erreurs ou des imprécision. Je suis tout à fait prête à apporter des corrections, si vous me laissez un gentil message clair et compréhensible ;-)
De même, je n'ai pas abordé la question de l'habituation et de la sensibilisation. Peut-être un prochain article.

samedi 3 septembre 2016

La concentration, le cerveau droit et la proie

Dans son livre, L'équitation centrée, Sally Swift utilise le concept de l'utilisation du cerveau gauche et du cerveau droit pour permettre une meilleure concentration et utilisation de son corps.
Elle n'est bien sûr pas la seule.

Le cerveau gauche:
C'est lui qui est responsable de la parole, il traduit les sensations en mots. Il permet d'analyser, de classer, d'écrire, de calculer... C'est la logique, la stratégie.
Il est linéaire et de soucie du détail.


Le cerveau droit:
C'est l'hémisphère des sensations. Il a une perception globale des choses. L'intuition vient du cerveau droit. Il intègre et synthétise, il n'utilise pas de mots.


Sally Swift propose d'utiliser davantage le cerveau droit pour monter à cheval. Dans n'importe quelle pratique sportive, lorsqu'on utilise le cerveau gauche, le cerveau analytique et verbal, il va dresser une liste des détails à faire. Lever le bras, bouger la jambe... Les mouvements sont traduits en phrases et en mots.

Quand le cerveau droit prend le contrôle, il n'y a plus de mots, seulement du ressenti. Les mouvements deviennent automatique, fluide. Nos mains ou notre corps sait mieux que nous comment faire le mouvement. Cela vous est surement déjà arrivé, à cheval ou dans une autre activité. Le corps sait d'instinct comment effectuer un geste, que ce soit mélanger un jeu de carte, encoder un code pour déverrouiller un portable, tricoter... Etant assez manuelle, il m'arrive souvent que mes mains fassent machinalement certains gestes. Si j'ai le malheur de m'interrompe, j'ai beaucoup de mal à reprendre là où j'en étais.

C'est donc lorsque le cerveau droit gère un beau mouvement fluide que le cerveau gauche vient tout perturber. "Attention, mon cheval a peur de ce coté-ci de la carrière". Ou encore "Il faut absolument que je raccourcisse mes rêne avant de changer d'allure"...

Sally Swift plaide pour une utilisation des deux hémisphères.
Elle propose d'utiliser le cerveau gauche pour l'apprentissage. Il permet de décomposer un mouvement (épaule-en-dedans, transition, figure de manège...) et de le comprendre. On décompose chaque geste de main, jambe etc du cavalier, ainsi que chaque mouvement du cheval.
Le cerveau droit, lui, enregistre les sensations. C'est ces sensations inscrites dans le cerveau droit qui permettront ensuite de laisser le corps faire, de lui faire confiance.

Au départ je pensais simplement écrire un article sur le cerveau gauche et le cerveau droit, puis, chose amusante, j'ai remarqué un parallèle entre cet état de concentration avec le cerveau droit et l'intelligence des proies dont parlent Chris Irwin et Linda Kohanov.

Dans son livre "Danse avec ton Cheval d'Ombre", Chris Irwin fait une nette distinction entre le monde des proie et le monde des prédateurs. La proie est sans cesse en alerte, elle scrute en permanence le monde qui l'entoure. Tout en accomplissant sa vie normale (manger, se déplacer, se reproduire...), la proie reste attentive à son environnement.
Au contraire, le prédateur sera capable de période d'intense concentration suivie de longue période de repos. Le prédateur focalise son attention sur un point donné, et fait abstraction du reste du monde.
"Chaque fois que vous voyez une personne rétrécir son attention jusqu'à exclure tout ce qui n'est pas l'objet à saisir, qu'il s'agisse d'un joueur de foot fonçant sur la balle, d'une petite fille complètement absorbée par ses poupées, ou d'un jeune garçon pris dans son jeu vidéo, vous assistez à un comportement de prédateur."
"Même si vous êtes une petite fille élevée au sein d'une famille de végétariens New Age, votre langage corporel demeure celui d'un prédateur." Chris Irwin

Bien sûr, Chris Irwin nous invite à nous comporter comme des proie, pour mieux interagir avec le cheval. Se comporter comme une proie, c'est à dire ouvrir sa conscience à ce qui est autour de nous. Cela ne vous rappelle-t-il pas l'utilisation du cerveau droit?

En ce qui concerne l'humain prédateur, Linda Kohanov insiste sur la dualité et la complémentarité entre la proie et le prédateur. Elle cite d'ailleurs l'image biblique de l'agneau et du lion qui se couche côte à côte. Après tout, l'homme est également une proie, même si il ne se comporte plus comme tel.

Linda Kohanov parle de l'intelligence de la proie et celle du prédateur comme étant complémentaire. Elle fait d'ailleurs plusieurs fois référence à la complémentarité du yin et du yang dans la sagesse taoïste.
Or justement, Sally Swift évoque cette image du yin et du yang pour parler des deux hémisphère. Coïncidence? Je vous laisse en juger !

Quoi qu'il en soit, je ne peux que vous encourager à essayer d'utiliser un peu plus votre cerveau droit, à cheval comme ailleurs.

Cela vous évoque-t-il quelque chose? Êtes-vous familiers avec cette façon d'utiliser le cerveau droit? Avez-vous déjà ressenti ces sensations?


mercredi 24 août 2016

Respect?

Peut-être avez-vous déjà lu ce texte plein de bon sens et de vérité?

Un vieux cow boy observe un jeune qui travaille un cheval dans un enclos, mors... éperons... fouet... cris... rien n'y fait...
Le vieux cow boy demande alors au jeune s'il souhaite connaître son secret d'équitation pour dresser un cheval...
Le jeune répond : "Oui bien sûr" !

Le vieux cow boy lui dit alors :
"Si vous pouvez ouvrir mon poing...vous découvrirez le secret d'une bonne équitation"...

Le jeune homme tire alors sur le poing... pousse, pince, frappe, mord, utilise les aides qu'il trouve en vain... Il ne parvient pas à ouvrir le poing du vieux cow boy !

Il abandonne et dit : "Je ne comprends pas, je ne peux pas ouvrir votre poing alors je ne saurai donc jamais le secret d'une bonne équitation ?!"

Et le vieux cow boy de lui répondre : " Il suffisait de demander"....


Demander, et non pas exiger

Lorsqu'on les observe, on se rend bien compte que les chevaux sont d'une grande générosité. Ce sont des êtres calmes. La violence est rare chez eux. Quel absurdité que de penser que le cheval passe son temps à nous préparer "un sale coup", qu'il pense à comment "nous faire chier"... Comme si c'était dans sa nature !

Pour le cavalier qui s'en rend compte, il devient tout à fait naturel de demander, au lieu d'exiger. Le cavalier apprend alors à être patient, à attendre son cheval, à proposer pour laisser le cheval disposer...
Ce cavalier sera alors très perplexe face à ceux qui utilise enrênements et autres moyens pour obtenir une bonne réponse...

Je voudrais néanmoins ajouter un bémol à ce tableau idyllique.

Pour obtenir cette relation épanouie, où le cavalier ne fais que demander, laissant son cheval libre de dire non, il faut tout d'abord obtenir le respect du cheval.

Il me semble évident qu'un cavalier avec les meilleurs intentions du monde, qui cherche à collaborer pleinement avec son partenaire équin, rencontrera des difficultés si il n'impose pas des limites à son cheval.
Un cheval qui bouscule, mordille, attrape les vêtements n'arrêtera de le faire que si on lui explique qu'il n'a pas le droit.
Pour certains cavaliers, la question ne se posera pas. Grace à leur feeling, leur expérience ou leur bon sens, il mettront directement en place une relation saine. Dès les premiers pas, il imposeront des limites à leur cheval et auront une monture respectueuse. J'ai rencontré des cavaliers qui ne se rendent même pas compte qu'ils ont les bons gestes. C'est comme inné chez eux.
D'autres cavaliers, dont je fait partie, auront besoin d'être bousculés plusieurs fois pour réaliser l’irrespect de leur cheval. Dans mon cas, la prise de conscience a été suivie de longs mois pour "rectifier" le tir.

Je me rappelle avoir été bousculée par mon cheval contre un mur. J'avais alors élevé la voix, et repoussé l'agresseur avec un doigt contre mon épaule. Certains m'avaient alors regardé de travers. Pourtant, pouvais-je vraiment laisser un animal de 600 kg me bousculer sans réagir?

Pas sûre que se faire foncer dessus soit un plus pour la relation.

Après avoir démontré l'importance d'imposer le respect: ces petits signes qui montrent qu'il ne nous respecte pas.
  • Il nous bouscule.
  • Il ne fais pas attention à nous, et manque plus d'une fois de nous écraser les orteils.
  • Il se gratte sur nous (non, il ne vient pas nous faire un câlin. Ça le chatouille, et il a autant de respect pour nous que pour la clôture de son paddock).
  • En main, il nous arrache la longue pour aller grignoter un brin d'herbe. Parfois même, le nez dans l'herbe il nous est impossible de continuer notre promenade.
  • Au travail (monté ou à pied) il est vite distrait.
  • Au travail, il s'effraye pour un rien.
  • ...
Et la liste pourrait certainement s'allonger :-)
Et pour ceux qui ne seraient pas convaincu, je remarque que plus j'ai de l'autorité et du respect sur mon cheval, au moins celui-ci s'effraye... Magique !